Le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire devenait indépendante. Chaque année, ce jour férié est célébré par un grand défilé et des fêtes dans tout le pays. Derrière cette date se cache une longue histoire : la colonisation, la lutte contre le travail forcé, la marche des femmes de Grand-Bassam et le rôle central de Félix Houphouët-Boigny.
Voici les grandes étapes de cette histoire, les lieux où vous pourrez la découvrir pendant votre voyage et ce qu’il faut savoir sur la fête nationale.
Sommaire
- De la colonie à l’éveil politique
- Les années de lutte
- Le chemin vers l’indépendance
- La nuit du 7 août 1960
- Les lieux de mémoire à visiter
- La fête nationale aujourd’hui
- Questions fréquentes
- Sources

De la colonie à l’éveil politique
La Côte d’Ivoire devient officiellement une colonie française le 10 mars 1893. Sa première capitale, Grand-Bassam, est abandonnée après des épidémies de fièvre jaune : Bingerville prend le relais en 1900, puis Abidjan en 1934. L’économie coloniale repose alors sur les plantations de café et de cacao, et sur le travail forcé imposé aux populations africaines.
Le 3 septembre 1944, des planteurs africains fondent à Abidjan le Syndicat agricole africain, présidé par un médecin et planteur baoulé, Félix Houphouët-Boigny. Ils dénoncent les inégalités du système colonial. C’est le point de départ d’un mouvement politique qui mènera à l’indépendance.
Les années de lutte
La fin du travail forcé
Élu député à l’Assemblée nationale française, Houphouët-Boigny fait voter la loi du 11 avril 1946 qui abolit le travail forcé dans les colonies françaises : on l’appelle encore la « loi Houphouët-Boigny ». La même année naît le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui devient la section ivoirienne du Rassemblement démocratique africain (RDA) créé à Bamako en octobre 1946.
Les années 1949 et 1950 sont marquées par une dure répression contre le PDCI-RDA : arrestations de dirigeants, manifestations réprimées, morts. Des lieux de Treichville, comme l’ancien cinéma Comacico, gardent le souvenir de ces affrontements.
La marche des femmes sur Grand-Bassam
En décembre 1949, des dirigeants du PDCI-RDA sont détenus sans procès à la prison de Grand-Bassam, en grève de la faim. Le 22 décembre, des centaines de femmes partent d’Abidjan pour réclamer leur libération : 500 selon les chiffres officiels de l’époque, environ 2 000 selon les estimations ultérieures. Le 24 décembre, elles affrontent les forces coloniales devant la prison. Une quarantaine sont blessées, et les détenus ne sont pas libérés.
Cette marche, conduite notamment par Marie Koré, est devenue un symbole du rôle des femmes dans la lutte pour l’indépendance. Un monument leur rend hommage à Grand-Bassam.

Le chemin vers l’indépendance
En octobre 1950, Houphouët-Boigny rompt avec les communistes français, auxquels le RDA était apparenté, et choisit la voie de la négociation. En 1956, la loi-cadre transfère une partie des pouvoirs aux territoires africains ; la même année, Houphouët-Boigny devient ministre en France.
- 28 septembre 1958 : référendum sur la Communauté proposée par le général de Gaulle
- 4 décembre 1958 : l’Assemblée territoriale proclame la République de Côte d’Ivoire, État membre de la Communauté
- 11 juillet 1960 : signature des accords de transfert de souveraineté avec la France
- 27 juillet 1960 : adoption de l’hymne national, L’Abidjanaise
La nuit du 7 août 1960
Dans la nuit du 6 au 7 août 1960, à Abidjan, Félix Houphouët-Boigny, alors Premier ministre, proclame l’indépendance lors d’une séance solennelle à l’Assemblée nationale. À minuit, le drapeau français est amené et le drapeau orange, blanc et vert hissé ; 101 coups de canon retentissent et L’Abidjanaise est jouée.
- 20 septembre 1960 : la Côte d’Ivoire entre à l’Organisation des Nations unies
- 3 novembre 1960 : adoption de la première Constitution
- 27 novembre 1960 : Félix Houphouët-Boigny est élu premier président de la République
Il dirigera le pays jusqu’à sa mort, le 7 décembre 1993. Pour en savoir plus sur l’hymne, lisez notre article sur L’Abidjanaise.
Les lieux de mémoire à visiter
Grand-Bassam
Première capitale, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, Grand-Bassam témoigne à la fois de la période coloniale et du mouvement d’indépendance. Visitez le Musée national du costume, installé dans l’ancienne résidence du gouverneur, le monument aux femmes de 1949 et le pont de la Victoire, renommé en leur honneur. Notre guide de Grand-Bassam vous aidera à préparer la visite.
Bingerville
Capitale de 1900 à 1934, Bingerville conserve l’ancien palais du gouverneur, construit de 1905 à 1912, et un jardin botanique créé en 1904. Houphouët-Boigny y a fait une partie de sa scolarité. Le jardin, malheureusement dégradé, reste une agréable promenade à une vingtaine de kilomètres d’Abidjan.
Abidjan
Au Plateau, le Musée des civilisations de Côte d’Ivoire raconte la diversité culturelle du pays. Il doit accueillir le Djidji Ayokwé, tambour parleur du peuple atchan saisi en 1916 et restitué par la France en 2026. À Treichville, quelques bâtiments liés aux débuts du PDCI subsistent, mais ils sont en mauvais état.

Yamoussoukro
Ville natale d’Houphouët-Boigny, Yamoussoukro est devenue la capitale politique en 1983. On y visite la basilique Notre-Dame-de-la-Paix, construite de 1986 à 1989 et consacrée par Jean-Paul II en 1990, l’un des plus vastes édifices chrétiens du monde avec son dôme de 90 mètres de diamètre. Autour du palais présidentiel, un lac abrite des centaines de crocodiles.

La fête nationale aujourd’hui
Le 7 août est férié, chômé et payé. La fête est marquée par un grand défilé militaire et civil, présidé par le chef de l’État. Après quelques années à Abidjan, Houphouët-Boigny a instauré à partir de 1964 des « fêtes tournantes » : chaque année, une ville de l’intérieur accueillait les célébrations et en profitait pour se doter de nouvelles infrastructures.
Ces dernières années, le défilé s’est tenu à Yamoussoukro en 2022, à Grand-Bassam en 2023 et en 2024, à Bouaké en 2025 pour les 65 ans de l’indépendance, puis à Yopougon, à Abidjan, en 2026. Lors de ce dernier défilé, plus de 5 000 participants ont défilé, et le tambour Djidji Ayokwé a été présenté au public.
Si vous êtes dans le pays début août, renseignez-vous sur le lieu du défilé et arrivez tôt : la foule est nombreuse et la circulation perturbée.
Points forts
- Indépendance proclamée le 7 août 1960
- Grand-Bassam, berceau de la lutte
- Basilique de Yamoussoukro
- Musée des civilisations et Djidji Ayokwé
- Défilé du 7 août, jour férié
Questions fréquentes
Quand la Côte d’Ivoire est-elle devenue indépendante ?
Le 7 août 1960, proclamée par Félix Houphouët-Boigny dans la nuit du 6 au 7 août, à Abidjan.
Qui était le premier président ?
Félix Houphouët-Boigny, élu le 27 novembre 1960. Il est resté au pouvoir jusqu’à sa mort en 1993.
Qu’est-ce que la marche des femmes de 1949 ?
Une marche de centaines de femmes vers la prison de Grand-Bassam, du 22 au 24 décembre 1949, pour réclamer la libération de dirigeants du PDCI-RDA détenus sans procès.
Le 7 août est-il férié ?
Oui, c’est la fête nationale, jour férié, chômé et payé, marqué par un grand défilé.
Où découvrir l’histoire de l’indépendance ?
À Grand-Bassam, Bingerville, au Musée des civilisations d’Abidjan et à Yamoussoukro.
Sources
- Wikipédia – Histoire de la Côte d’Ivoire
- Wikipédia – Félix Houphouët-Boigny
- Wikipedia (en) – Women’s march on Grand-Bassam
- AIP – Fiche d’information : indépendance de la Côte d’Ivoire, 66 ans
- AIP – Les fêtes tournantes, un levier de développement local (1964-1979)
- INA – Indépendance de la Côte d’Ivoire
- UNESCO – Ville historique de Grand-Bassam
- Entreprises coloniales – Bingerville (PDF)
- Aleteia – Basilique Notre-Dame-de-la-Paix de Yamoussoukro
- Fraternité Matin – An 66 de l’indépendance : le défilé de Yopougon (2026)
- Fraternité Matin – 65 ans d’indépendance à Bouaké (2025)
- APA News – Le tambour parleur Djidji Ayokwé célébré (2026)










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