Élégante, un brin désuète et chargée d’histoire, Grand-Bassam se visite à seulement 43 km à l’est d’Abidjan. C’est ici que la Côte d’Ivoire moderne a fait ses premiers pas : première capitale de la colonie, grand port de commerce, puis lieu de mémoire de la lutte pour l’indépendance.
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2012, la ville offre bien plus que ses plages : des maisons coloniales à galeries et vérandas, un musée consacré aux costumes ivoiriens, un artisanat vivant et l’une des plus grandes fêtes traditionnelles du pays, l’Abissa. Voici notre guide complet pour la découvrir.
Sommaire
- Grand-Bassam en bref
- Une histoire au cœur de la naissance du pays
- Que visiter à Grand-Bassam ?
- L’Abissa, la grande fête des N’zima
- La plage et le bord de mer
- Une journée à Grand-Bassam : notre programme
- Infos pratiques
- Questions fréquentes
- Sources

Grand-Bassam en bref
- Situation : sur la côte, à environ 43 km à l’est d’Abidjan
- Statut : « Ville historique de Grand-Bassam », patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2012
- Points forts : architecture coloniale, musées, artisanat, plage, fête de l’Abissa
- Durée conseillée : une journée, ou un week-end pour en profiter pleinement
- Meilleure période : la saison sèche, de décembre à mars, et novembre pour l’Abissa
Une histoire au cœur de la naissance du pays
Pour apprécier Grand-Bassam, il faut connaître un peu son passé. Chaque façade du quartier France raconte un épisode de l’histoire ivoirienne.
Des N’zima aux premiers comptoirs
La ville aurait été fondée au milieu du XVe siècle par les N’zima, un peuple de pêcheurs et de commerçants. Le navigateur portugais Soeiro da Costa explore la région dès 1469. Au XIXe siècle, les Français y concluent des accords avec les chefs locaux et construisent en 1843 le fort Nemours, l’un des premiers établissements durables de la côte, avec celui d’Assinie.
La première capitale de la colonie
En 1893, Grand-Bassam devient la première capitale de la colonie de Côte d’Ivoire. Elle en est à la fois le port principal et le centre économique, administratif et judiciaire. La ville abrite même le centre de télégraphie sous-marine qui relie le territoire à Conakry : c’est alors la principale porte d’entrée et de sortie du pays.
La fièvre jaune et le départ vers Bingerville
En 1899, une épidémie de fièvre jaune frappe durement la ville : selon Wikipédia, 45 des 60 Européens présents y meurent. La capitale est alors transférée à Bingerville. Grand-Bassam reste pourtant un port important grâce à son wharf et à son phare, mis en service en 1901, jusqu’à ce qu’Abidjan prenne définitivement le relais dans les années 1930. Ce déclin a paradoxalement préservé une grande partie de son architecture coloniale.
La marche des femmes de 1949
Du 22 au 24 décembre 1949, environ 2 000 femmes se mobilisent pour réclamer la libération de huit dirigeants du PDCI-RDA, le parti indépendantiste, emprisonnés sans jugement à Grand-Bassam. Menées notamment par Marie Koré, elles marchent jusqu’à la prison et affrontent une répression brutale. Cet épisode est aujourd’hui considéré comme un moment fondateur de la lutte pour l’indépendance, obtenue en 1960.
Une ville classée par l’UNESCO
En 2012, l’UNESCO inscrit la « Ville historique de Grand-Bassam » sur la liste du patrimoine mondial. Le site illustre une ville coloniale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avec ses quartiers spécialisés (commerce, administration, habitat) et ses maisons fonctionnelles à galeries, vérandas et jardins, aux côtés du village de pêcheurs n’zima.
La conservation reste un défi. Dans son rapport de 2025, l’UNESCO note que plusieurs bâtiments emblématiques attendent une réhabilitation, comme le palais de justice, la maison Ganamet ou le vieux phare. Des travaux ont toutefois été engagés : l’ancien hôtel des postes et des douanes est en cours de restauration depuis 2022 grâce à un partenariat public-privé.
En mars 2016, la station balnéaire a aussi été endeuillée par un attentat qui a fait au moins 18 morts. La ville a depuis retrouvé ses visiteurs et reste l’une des sorties préférées des Abidjanais.
Que visiter à Grand-Bassam ?
Le quartier France
C’est le cœur historique de la ville et la partie classée par l’UNESCO. Situé sur la bande de terre entre l’océan et la lagune Ouladine, il se découvre idéalement à pied. Vous y croiserez de belles maisons coloniales, certaines restaurées, d’autres gagnées par la végétation, comme la maison Ganamet, ancien comptoir commercial, ou l’ancien palais de justice. Ne manquez pas la cathédrale du Sacré-Cœur, autre témoin de l’architecture de l’époque.
Le Musée national du costume
Installé dans l’ancien palais des gouverneurs, le musée présente les costumes, parures et objets du quotidien de nombreux peuples ivoiriens, ainsi que des photographies anciennes. Les guides sur place rendent la visite vivante. C’est une excellente introduction à la diversité culturelle du pays.
La Maison du patrimoine culturel
L’ancien hôtel des postes et des douanes accueille la Maison du patrimoine culturel de Grand-Bassam, avec des expositions consacrées à l’histoire de la ville. Le bâtiment étant en restauration, renseignez-vous sur place sur les conditions de visite.
Le phare
Mis en service en 1901, le phare a longtemps guidé les navires qui approchaient de la côte. Sa haute tour blanche domine encore les rues du quartier France.

Le pont de la Victoire
Ce pont enjambe la lagune Ouladine et relie le quartier France au reste de la ville. Il porte le nom de la victoire symbolique des femmes de 1949. Un lieu simple en apparence, mais chargé de mémoire, idéal pour une photo au coucher du soleil.

Le centre céramique
Pour découvrir l’artisanat ivoirien, rien de tel qu’un passage au centre céramique. Des artisans y façonnent en terre cuite sculptures, vases et objets décoratifs. Avec un peu de chance, un potier vous expliquera son savoir-faire. Acheter un souvenir fait main, c’est aussi soutenir un métier traditionnel.
L’Abissa, la grande fête des N’zima
Si vous le pouvez, venez à Grand-Bassam en novembre. Pendant environ une semaine, le peuple n’zima célèbre l’Abissa, sa plus grande fête traditionnelle, qui marque le passage à la nouvelle année.
L’Abissa est un moment de pardon et de réconciliation, pendant lequel toute violence est proscrite. La fête se déroule en plusieurs étapes, rythmées par le tambour sacré : une période de retraite et de recueillement, puis la « sortie » de l’Abissa, et enfin des réjouissances populaires, avec costumes, masques, danses et fanfares. Les grandes célébrations se tiennent sur la place publique du quartier France.
Les dates exactes sont fixées chaque année par les autorités traditionnelles : renseignez-vous à l’avance si vous souhaitez y assister.
La plage et le bord de mer
Après une matinée de visites, place à la détente. Le long de la plage, restaurants, maquis et établissements proposent poisson frais braisé, transats et paillotes pour tous les budgets.
Attention : l’océan est souvent agité à Grand-Bassam et les courants peuvent être dangereux. Baignez-vous uniquement dans les zones surveillées et renseignez-vous sur place.

Une journée à Grand-Bassam : notre programme
- Matin : arrivée tôt depuis Abidjan, promenade dans le quartier France, puis visite du Musée national du costume.
- Midi : déjeuner de poisson braisé en bord de mer.
- Après-midi : passage au centre céramique, puis traversée du pont de la Victoire.
- Fin de journée : détente sur la plage et coucher de soleil sur l’océan.
Vous avez un week-end ? Restez dormir sur place : la ville est beaucoup plus calme le matin, et vous pourrez prolonger la découverte vers Assinie, plus à l’est.
Infos pratiques
- Accès : environ 43 km depuis Abidjan, soit une heure de route environ selon la circulation, en voiture ou en taxi.
- Transports en commun : des cars partent notamment de la gare de Treichville, à Abidjan.
- Hébergement : hôtels et résidences en bord de mer, pour tous les budgets. Réservez à l’avance pour les week-ends et pendant l’Abissa.
- Langues : le français est parlé partout ; les langues locales sont notamment le n’zima, l’abouré et l’éhotilé.
- Budget : prévoyez de l’argent liquide pour les entrées des sites, les guides et les achats d’artisanat.
Points forts
- Patrimoine mondial de l’UNESCO
- Architecture coloniale
- Musée national du costume
- Fête de l’Abissa
- Artisanat céramique
- Plage et poisson braisé
Questions fréquentes
Pourquoi Grand-Bassam est-elle classée par l’UNESCO ?
Parce qu’elle conserve un ensemble remarquable d’architecture coloniale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, aux côtés du village n’zima. Elle fut la première capitale de la colonie, de 1893 à 1899.
Pourquoi la capitale a-t-elle quitté Grand-Bassam ?
À cause d’une épidémie de fièvre jaune en 1899, qui a poussé l’administration coloniale à s’installer à Bingerville.
Combien de temps faut-il pour visiter Grand-Bassam ?
Une journée suffit pour l’essentiel. Un week-end permet de profiter davantage de la plage et des environs.
Quand a lieu la fête de l’Abissa ?
En novembre, pendant environ une semaine. Les dates exactes sont fixées chaque année par les autorités traditionnelles n’zima.
Peut-on se baigner à Grand-Bassam ?
Oui, mais avec prudence : la mer est souvent forte et les courants dangereux. Privilégiez les zones surveillées.
À quelle distance d’Abidjan se trouve Grand-Bassam ?
À environ 43 km à l’est d’Abidjan.
Sources
- UNESCO – Ville historique de Grand-Bassam
- UNESCO – État de conservation de Grand-Bassam (2025)
- Wikipédia – Grand-Bassam
- Wikipédia – Marche des femmes sur Grand-Bassam
- Wikipédia – Attentat de Grand-Bassam
- Fraternité Matin – L’Abissa ou le nouvel an pour le peuple N’zima Kotoko











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