Envie de verdure et d’air pur sans quitter Abidjan ? À quelques minutes du Plateau, le parc national du Banco déploie près de 3 500 hectares de forêt tropicale entre les communes d’Abobo, d’Adjamé, d’Attécoubé et de Yopougon. Grands arbres, rivière, chimpanzés discrets et sentiers ombragés : une parenthèse de nature rare au cœur d’une métropole de plus de six millions d’habitants.
Protégé depuis un siècle, rénové ces dernières années, le Banco est aussi un lieu chargé d’histoire et un réservoir d’eau essentiel pour la ville. Voici notre guide complet pour le découvrir, comprendre ce qui le rend unique et préparer votre visite.
Sommaire
- Le Banco en bref
- Une forêt tropicale au cœur d’Abidjan
- Un siècle d’histoire
- Que faire au parc du Banco ?
- Que voir au parc du Banco ?
- Infos pratiques
- Questions fréquentes
- Sources

Le Banco en bref
- Superficie : 3 438 hectares, selon le décret de 2018 qui fixe ses limites
- Statut : parc national depuis le 31 octobre 1953
- Situation : au cœur d’Abidjan, entre Abobo, Adjamé, Attécoubé et Yopougon, le long de l’autoroute du Nord
- Gestionnaire : Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR)
- Sentiers : 37 pistes pour près de 80 km
- Ouverture : tous les jours, en journée (horaires à confirmer sur place)
Une forêt tropicale au cœur d’Abidjan
Abidjan est la capitale économique de la Côte d’Ivoire, et le parc du Banco en est la bulle de nature. Passer la grille, c’est changer de monde en quelques pas : le bruit de la circulation s’estompe, la température baisse sous la canopée, l’odeur de terre humide remplace celle des pots d’échappement.
Environ deux tiers du parc sont couverts de formations forestières : forêt ancienne, forêt secondaire, zones humides le long de la rivière et anciennes plantations d’essais. Le reste porte la trace d’un siècle d’usages, de la recherche forestière aux équipements d’accueil.
Une rareté parmi les grandes villes
Rares sont les grandes villes qui abritent une forêt tropicale de cette taille à l’intérieur de leur agglomération. La presse ivoirienne compare souvent le Banco à la forêt de Tijuca, à Rio de Janeiro, autre grand massif forestier urbain. Pour l’OIPR, cette singularité justifie de chercher à faire mieux reconnaître le parc à l’international : il ne figure pas, à ce jour, sur la liste indicative de l’UNESCO.
Le château d’eau d’Abidjan
Son nom viendrait de « Gbangbo », que l’on traduit par « source d’eau rafraîchissante ». Le parc mérite ce nom : sous la forêt, la nappe phréatique se recharge chaque année de plusieurs dizaines de millions de mètres cubes. Les forages exploités par la SODECI dans et autour du parc couvrent, selon le plan d’aménagement de l’OIPR, environ 40 % des besoins en eau du Grand Abidjan.
La forêt joue aussi un rôle de climatiseur naturel et de filtre : elle stocke du carbone, rafraîchit l’air et retient les sols. Protéger le Banco, c’est donc aussi protéger l’eau du robinet de millions d’Abidjanais.
Un siècle d’histoire
L’histoire du Banco commence bien avant le parc national. Selon le plan d’aménagement et de gestion de l’OIPR, une station forestière y est créée en 1924. Les étapes suivantes s’enchaînent :
- 1926 : classement en réserve forestière, sur environ 1 600 hectares
- 1929 : station de recherche forestière et floristique, étendue à quelque 3 700 hectares
- 1935 : la forêt devient forêt classée du Banco
- 31 octobre 1953 : elle est érigée en parc national
- 1966 : une loi l’intègre au domaine forestier permanent de l’État
De cette époque pionnière, le parc garde un patrimoine bâti original : l’arboretum, aménagé entre 1926 et 1933, l’ancienne École forestière, ouverte à la fin des années 1930, et la « Maison blanche », dite maison du gouverneur Reste, construite en 1938. Plusieurs de ces sites, dont l’arboretum et l’ancienne École forestière, ont été réhabilités ces dernières années.

Un parc sous pression, mieux protégé
Encerclé par l’urbanisation, le Banco a perdu environ 190 hectares de forêt depuis ses limites de 1953. Occupations illégales, dépôts d’ordures et prélèvements ont longtemps grignoté ses lisières.
Pour y remédier, l’État et ses partenaires ont multiplié les chantiers. Un programme de réhabilitation de plus de 5 milliards de francs CFA, financé notamment par le Japon et le Fonds pour l’environnement mondial, a rénové l’espace écotouristique, l’arboretum, l’écomusée et les entrées du parc, rouvert au public en décembre 2021. En 2022, la construction d’un mur d’enceinte a été lancée : une première section de 4,4 km au nord a été achevée au printemps, sur une dizaine de kilomètres prévus.
Que faire au parc du Banco ?
Randonner
La randonnée est l’activité phare du parc. Le réseau compte 37 pistes pour près de 80 km : impossible de tout parcourir en une journée ! Les boucles proches de l’entrée conviennent aux familles ; les plus longues s’enfoncent dans les zones les plus sauvages. Avec ou sans guide, à vous de choisir à l’accueil. Un guide vous aidera à repérer les animaux, à reconnaître les arbres et à raconter l’histoire des lieux.
Faire du VTT
Les pistes plates et ombragées se prêtent bien au vélo tout-terrain. Le parc s’est équipé de vélos grâce à plusieurs dons, le dernier en février 2026 dans le cadre du projet AVELO. Renseignez-vous à l’accueil sur la location et les circuits autorisés, et partez de préférence à plusieurs.
Pique-niquer et se restaurer
Un restaurant champêtre et une boutique de souvenirs font partie de l’offre relancée en 2021. Vous pouvez aussi pique-niquer dans les espaces prévus : demandez à l’accueil où vous installer, ne faites pas de feu et repartez avec vos déchets.
Camper
Le camping est possible sur autorisation, dans les zones prévues à cet effet. Contactez le parc avant votre venue pour connaître les conditions et l’équipement exigé. Dormir sous la canopée, à deux pas d’une métropole, reste une expérience rare.
Que voir au parc du Banco ?
Une flore exceptionnelle
Arbres géants aux contreforts spectaculaires, lianes enroulées autour des troncs, bosquets de bambous : la végétation du Banco surprend. L’OIPR y recense 622 espèces d’arbres et d’arbustes, réparties en 86 familles, dont 26 espèces menacées et 5 endémiques de Côte d’Ivoire. Parmi les essences précieuses figurent l’acajou et l’avodiré.
Ne manquez pas l’arboretum, l’un des plus anciens du pays : plus de 700 végétaux y ont été plantés au début des années 1930, dont une partie est encore visible aujourd’hui. Des panneaux aident à identifier les essences.

Les animaux du Banco
La vedette du parc est le chimpanzé d’Afrique de l’Ouest, une sous-espèce en danger critique d’extinction. Le plan d’aménagement de 2019 estime la population à une vingtaine d’individus ; la direction du parc évoquait un effectif plus élevé en 2021. Discrets, ils vivent en forêt profonde : les apercevoir demande de la patience, du silence et un peu de chance.
Le parc abrite aussi :
- d’autres primates, comme la mone de Lowe, le petit hocheur, le potto ou le galago de Demidoff
- des antilopes forestières : céphalophe de Maxwell, guib harnaché et antilope royale
- deux espèces de pangolins, menacées par le braconnage
- 184 espèces d’oiseaux et 22 espèces d’amphibiens
Les meilleurs moments pour observer la faune sont le début de matinée et la fin d’après-midi.
Les fanicos de la rivière Banco
Longue d’environ 8 km, la rivière Banco a donné naissance à un métier célèbre à Abidjan : les « fanicos », laveurs de linge qui frottent et étendent au soleil les vêtements de leurs clients, en aval du parc, près de l’autoroute du Nord. Ils étaient plusieurs centaines au début des années 2000. Déplacés en 2009 lors d’opérations contre les inondations, ils sont revenus en partie. Leur activité reste spectaculaire, mais leur présence varie : ne la considérez pas comme acquise.
Infos pratiques
Horaires et tarifs
D’après les guides et les avis de visiteurs les plus récents, le parc ouvre tous les jours de 7 h 30 à 17 h. Les tarifs indicatifs sont de 1 000 FCFA pour les Ivoiriens, 5 000 FCFA pour les adultes étrangers et 500 FCFA pour les enfants ; un guide coûte environ 10 000 FCFA pour un petit groupe. Ces montants ne sont pas publiés officiellement par l’OIPR : vérifiez-les sur place.
Comment s’y rendre ?
Le parc borde l’autoroute du Nord, entre Adjamé et Yopougon. Le plus simple est d’y aller en taxi ou en voiture depuis le Plateau ou Cocody ; comptez quinze à trente minutes selon la circulation. Il se visite en famille, entre amis ou en solo.
Que prévoir ?
- Des chaussures fermées : les sentiers sont en terre, avec des racines et parfois de la boue
- Au moins 1,5 litre d’eau par personne
- Des vêtements légers qui couvrent bras et jambes
- Un répulsif anti-moustiques
- De l’argent liquide pour l’entrée, le guide et les éventuelles locations
- Des jumelles si vous aimez observer les oiseaux
Les bons réflexes
- Restez sur les sentiers balisés : la forêt est dense et l’on s’y perd vite
- Ne nourrissez pas les animaux et gardez vos distances avec les singes
- Ne cueillez pas de plantes et n’allumez pas de feu
- Repartez avec tous vos déchets
- Parlez à voix basse : vous aurez plus de chances de voir la faune
Points forts
- Forêt tropicale en pleine ville
- Près de 80 km de pistes
- Randonnée, VTT et pique-nique
- Chimpanzés, singes et oiseaux
- Arboretum centenaire
- Accès facile depuis Abidjan
Questions fréquentes
Où se trouve le parc du Banco ?
Au cœur d’Abidjan, entre les communes d’Abobo, d’Adjamé, d’Attécoubé et de Yopougon, le long de l’autoroute du Nord.
Peut-on voir des chimpanzés au Banco ?
Oui, mais c’est rare. Une petite population de chimpanzés vit dans le parc, en forêt profonde. Un guide augmente vos chances, sans rien garantir.
Faut-il un guide ?
Ce n’est pas obligatoire pour les boucles courtes. Pour les longues randonnées ou pour observer la faune, il est vivement recommandé.
Combien coûte l’entrée ?
À titre indicatif, 1 000 FCFA pour les Ivoiriens, 5 000 FCFA pour les adultes étrangers et 500 FCFA pour les enfants. Les tarifs sont à confirmer sur place.
Combien de temps prévoir ?
Une demi-journée permet une belle randonnée. Les amateurs de nature peuvent facilement y passer la journée, pique-nique compris.
Le parc du Banco est-il classé à l’UNESCO ?
Non. Il ne figure pas sur la liste indicative de la Côte d’Ivoire, même si l’OIPR souhaite le faire mieux reconnaître.
Sources
- OIPR – Plan d’aménagement et de gestion du parc national du Banco 2019-2028
- IUCN SSC A.P.E.S. Wiki – Banco National Park
- Wikipédia – Parc national du Banco
- UNESCO – Côte d’Ivoire, liste indicative
- Abidjan.net – Le parc national du Banco fait peau neuve (2020)
- Fraternité Matin – Siandou Fofana en immersion au parc du Banco new-look (2021)
- Al Jazeera – Ivory Coast authorities build wall for endangered urban park (2022)
- Le360 Afrique – Le poumon vert d’Abidjan se barricade (2022)
- Abidjan.net – Plan Orsec : les fanicos du Banco déguerpis (2009)
- AllAfrica – Des vélos remis au parc national du Banco (février 2026)











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